Egalité dans la différence

a.  Évidente  égalité

Différents ne signifie pas inégaux. Même si l’on reconnait chez l’autre l’existence de différences, on n’entend pas affirmer pour autant la moindre supériorité. La femme actuelle a suffisamment montré qu’elle était capable d’assumer autant que l’homme des taches difficiles de créativité ou de direction. Parce que tous deux sont des personnes à part entière, un homme vaut une femme, une femme vaut un homme. L’un ne peut être sacrifié à l’autre.

b.  Différence difficile à gérer

Il faut bien affronter, gérer, digérer, vivre la différence. Et cela ne va pas sans difficultés. Se lier à un autre, différent, constitue un peu une venture. L’accepter c’est s’ouvrir à la possibilité d’être changé par lui, arraché à ses sécurités : l’inconnu fait peur.

L’autre apporte avec lui de multiples occasions de heurts et d’incompréhensions : son histoire, ses origines, ses réactions spontanées, ses habitudes, ses originalités dérangent inévitablement.

De plus dans le monde moderne, les différences homme-femme ne sont pas aussi définies que par le passé, l’homme est souvent décontenancé : cette femme qui prend de l’autonomie et se propulse dans toutes les fonctions professionnelles et sociales lui échappe : il ne sait plus très bien qui elle est, ni, en conséquence, ce qu’il est lui-même.

c.  Heureuse différence

Que serait le monde si nous étions identiques ?

  • La différence permet de se définir, de se situer, d’exister.

« La femme devient femme sous le regard de l’homme mais il faut affirmer avec autant de force que l’homme ne devient vraiment un homme que sous le regard de la femme… »

  • La différence permet le dialogue

Deux personnes identiques n’auraient rien à se dire.
« Si tu pense comme moi, pourquoi te parlerais-je ? »

  • La différence permet l’harmonie

« Il y a deux manières d’être un homme parmi les hommes : la première consiste à cultiver la différence, la seconde à approfondir sa communion »  (André MALRAUX).

  • La différence permet l’enrichissement mutuel

« Si je diffère de toi, je t’augmente ». (St Exupéry)
« l’égalité vraie ne s’appuie pas sur la similitude. Elle s’enracine dans le mystère de la différence, seule propice à l’union. Si en l’autre, je ne trouvais que moi, quelle déception, quelle raison de lui en vouloir ! Mais lorsque je perçois en lui ce que je ne suis pas, c’est-à-dire vraiment le grand large, je sens éclater ma limite et venir, pour la première  fois, l’assentiment de l’infini ; c’est en ce sens que l’autre me dévoile la face de Dieu. Sur sa rive, lointaine, il bâtit ma transcendance ». (France Quéré).

  • La différence permet le progrès de la civilisation

Le monde a tout à gagner à ce que les qualités ou les valeurs vécues spontanément par un sexe soient en fait vécues par toute l’humanité.

Ainsi, en prenant une place plus grande dans les affaires du monde, la femme propage « les valeurs domestiques de la responsabilité et non de la puissance, de la gravité et non de la concurrence forcenée, de la paix et non d’éternelle rivalité, de la fantaisie et non de l’abstraite nationalité ».

Au commencement, était la différence. L’accepter pour l’homme et pour la femme, c’est accepter de s’orienter, en personnes libres, vers la construction d’une relation vraie, sincère, solide et durable ; vers la construction d’un couple démocratique. La femme moderne devient un interlocuteur valable, égale et associée de l’homme dans cette œuvre commune qui est la famille. Et l’homme dans cette évolution, verra très vite qu’il n’est pas perdant, puisqu’il se sentira aimé et choisi par une femme libre et adulte.
C’est en ce sens qu’on peut dire  avec Aragon que «  la femme est l’avenir de l’homme ».


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